Stratégie Pour Les Bicentenaires Nord-Américains de DAVID THOMPSON

Commémoration de la « Traite »

David Thompson

Commémoration du plus grand géographe de l’Amérique du Nord

Les admirateurs de David Thompson considèrent le personnage comme l’archétype du commerçant de fourrures idéal, attentif à ses clients, à ses partenaires et aux Premières nations, doué d’une résistance physique phénoménale qui lui permit de couvrir plus de 90 000 km (55 000 milles) au cours de ses nombreux voyages, pieux, sobre et fidèle. Ses détracteurs voient en lui un homme tout différent – déloyal envers ses employés, rancunier et peu respectueux de la vérité dans la narration de ces aventures. Tout le monde convient cependant que Thompson fut le plus grand géographe américain de son temps. Il est temps de rendre l’hommage qui est dû à Thompson. L’héritage qui découle de ses travaux et de ses voyages comprend notamment :

L’histoire de Thompson est loin d’être celle d’un homme isolé car il n’a accompli aucun de ses exploits tout seul. Il bénéficia en effet du soutien de ses employés et de leurs lignes de ravitaillement. Il s’appuya également sur les services, l’amitié et l’aide de plusieurs autochtones, guides, commerçants de fourrures et de sa femme Métis.

Les nombreuses carrières de David Thompson

Écrivain – Les soixante-dix sept journaux de terrain de Thompson et le récit de ses explorations dans l’Ouest ont fourni des détails précieux à plusieurs générations d’historiens. Ses textes relatent en effet d’événements qui ont ponctué la traite des fourrures pendant la période où elle s’étendait le plus, décrivant des paysages qui ont depuis longtemps étaient altérés par l’industrie et l’urbanisation. Ses récits offrent également un éclairage, quoique partial, sur ce qu’étaient les peuples autochtones au moment du premier contact avec les Européens.

Explorateur scientifique – Bien plus qu’un simple négociant en fourrures, Thompson était aussi un grand arpenteur et un explorateur de talent. Bien qu’il soit plus connu pour ses explorations à travers les chaînes de montagne, Thompson a passé 28 ans à explorer plus de 90 000 kilomètres (55 000 miles) dans l’Ouest de l’Amérique du Nord.

Cartographe - David Thompson fut peut-être en son temps le plus avancé des cartographes du monde. Il a cartographié 3,9 millions de kilomètres carrés sur le continent. Ses cartes marquent l’emplacement de douzaine de postes de traite et de nombreuses routes de traite. Même Lewis et Clark utilisèrent les cartes de Thompson lors de leur expédition. Méticuleusement dessinées et très détaillées, les cartes de Thompson ont été utilisées dans certaines régions jusqu’au vingtième siècle. Les travaux notables de Thomson dans ce domaine comprennent entre autres la cartographie du fleuve Columbia de ses sources à son embouchure, la cartographie de la nouvelle frontière entre le Canada et les États-Unis et l’arpentage d’un grand nombre de cantons en Ontario et au Québec.

Naturaliste - Thompson était un bon observateur et il a tenu de nombreux journaux détaillant ses observations sur la météorologie, l’astronomie et la faune ainsi que ses transactions quotidiennes sur le marché de la fourrure. Son désire incessant de comprendre et d’interpréter le monde naturel ainsi que les moeurs et coutumes des Autochtones reflète son intérêt marqué pour les sciences. Selon ses propres mots : « Le voyageur doit expliquer le pourquoi de ce qu’il énonce. » [Trad. libre]

Négociant en fourrures – Pendant la plus grande partie de sa carrière au sein de la Compagnie de la Baie d’Hudson, et plus tard la Compagnie du Nord-Ouest, dont il devint un partenaire, Thompson fut un négociant actif auprès des peuples autochtones. C’est lui qui mit en place les échanges d’un côté à l’autre de la chaîne de montagnes et qui créa de nouveaux postes de traite en Colombie-Britannique, au Montana, en Idaho, dans l’État de Washington et dans l’Orégon. Pour ce qui est de son éthique dans le monde de la traite, on le considère comme un homme honnête qui sut résister à la tentation de participer au commerce de l’alcool.

Une retraite occupée – En l’absence des protections sociales qui existent aujourd’hui, Thompson, une fois à la retraite, fut forcé de s’investir dans plusieurs activités dont l’agriculture, le commerce de détail, l’écriture et les fonctions de juge de paix, mais il revint souvent à l’arpentage.

Thompson et les peuples autochtones - Thompson et les autres explorateurs européens suivirent les routes établis depuis des milliers d’années par les peuples autochtones. Leurs explorations n’auraient pas été possibles sans la coopération de ces derniers. Il semble que Thompson soit parvenu à se faire respecter de la plupart des Premières nations. Les Salish-Flathead lui donnèrent le nom de « Koo Koo Sint » (Celui qui observe les étoiles), tant il était habitué à faire ses observations astronomiques à la fin de la journée. Les relations de Thompson avec les peuples autochtones ne se son pas toujours avérées positives. Les explorations menées par Thompson ont en effet repoussé de nombreuses limites culturelles et nationales. Sa traversée des montagnes fut un événement pivot pour les peuples autochtones de l’Ouest – le début d’une évolution fondamentale qui allait s’accompagner d’un grand nombre d’aspects négatifs.

L’initiative des bicentenaires nord-américains de David Thompson offre l’occasion de réexaminer la « traite » comme un élément pivot des relations entre les Européens et les Premières nations. Thompson, qui était marié à une Métis, sa femme Charlotte, nous encourage aujourd’hui à explorer le rôle des femmes, particulièrement d’origine autochtone ou Métis, dans la traite des fourrures.

Biographie succincte de David Thompson

1770 Naissance de David Thompson à Westminster, en Angleterre.

1777 Scolarité à Grey Coat School, à Londres.

1784 Apprenti à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Intègre l’usine de Churchill, sur la Baie d’Hudson, pour y accomplir des tâches de commis aux écritures et est envoyé à l’Usine de York l’année suivante.

1787 Hiver avec Pikani (Peigan).

1788 Thompson se casse une jambe. Pendant sa convalescence, il apprend les techniques de l’arpentage et de l’astronomie.

1790-1796 Arpente la plupart du Nord du Manitoba et de la Saskatchewan.

1797 Son contrat avec la Compagnie de la Baie d’Hudson expire et il se joint au rival de cette dernière, la Compagnie du Nord-Ouest.

1798 Arpente une partie de la frontière internationale, les sources des rivières Mississippi et Assiniboine et les deux côtés du lac Supérieur.

1799 Se marrie avec Charlotte Small (ils auront 13 enfants).

1800-1801 Déménage à Rocky Mountain House et essaie en vain de trouver un passage à travers les Rocheuses.

1802-1806 Arpente la rivière de la Paix et le lac Athabasca.

1807 Traverse les Rocheuses via le col Howse et établit Kootenai House.

1808-1809 Explore les rivières Kootenay et Spokane et établit des postes de traite en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington, en Orégon, en Idaho et au Montana.

1810 Pikani s’opposant à la route passant par le col Howse, Thompson l’abandonne.

1811 Traverse les montagnes par le col Athabasca, suit la rivière Kootenay pour rejoindre le Columbia et continue jusqu’à l’embouchure de ce fleuve où il trouve la Pacific Fur Company qui y est déjà installée.

1812 Thompson se retire de la traite des fourrures et, avec sa famille, déménage à Terrebonne, au nord de Montréal, pour y redessiner des cartes. Il se joint à la milice britannique.

1814 Thompson termine sa carte la plus fameuse, celle du Nord-Ouest de l’Amérique du Nord.

1815 Déménage dans le conté de Glengarry, en Ontario.

1817 Après avoir accepté un poste au sein de la Boundary Commission, Thompson commence à arpenter la frontière entre le lac des Bois et les cantons de l’Est, au Québec.

1826 Démissionne de son poste au sein de la Commission de la frontière internationale, arpente des canaux, les frontières de cantons et des concessions de terre. Continue à travailler sur ses cartes de l’Ouest.

1843 Termine ses travaux sur l’atlas qui cartographie tout le territoire canadien en la baie d’Hudson et le Pacifique, soit une superficie de plus de 3,9 millions km2 (1,5 million de milles carrés).

1843-1850 Sa vision baissant, Thompson commence à écrire ses aventures en se basant sur ses 77 carnets originaux, une tâche sur laquelle il travaille jusqu’en 1850 mais qu’il ne terminera jamais.

1857 Thompson meurt à l’âge de 86 ans, dans l’isolement et la pauvreté. Charlotte mourut trois mois plus tard. Ils reposent au cimetière du Mont Royal, à Montréal.

Bibliographie sommaire sur David Thompson

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