Stratégie Pour Les Bicentenaires Nord-Américains de DAVID THOMPSON

Commémoration de la « Traite »

Protocoles pour les partenariats avec les Autochtones

La vie des Autochtones s’est mêlée à celle des premiers négociants en fourrure d’une manière que personne n’aurait pu prévoir. David Thompson et d’autres employés des compagnies de la Baie d’Hudson et du Nord-Ouest créèrent de solides liens économiques avec les communautés autochtones, caractérisés par la réciprocité et renforcés par de nombreux mariages. Des noms de famille tels que McDonald, Morigeau et Finlay au sein des communautés autochtones témoignent de ce lointain héritage. L’héritage des Autochtones en question est ancré dans l’histoire de la traite des fourrures. L’histoire, telle que relatée dans les journaux des négociants et leurs dossiers d’affaires, ne reflètent cependant pas l’histoire des Autochtones concernés. Le point de vue des Autochtones sur cette période est très différent et vient quelques fois compléter ou contredire les écrits historiques. Quoi qu’il en soit, toute personne qui s’intéresse à l’histoire de la traite des fourrures ne pourra que s’enrichir en apprenant à mieux connaître l’histoire des peuples autochtones.

Il ne serait pas aussi intéressant d’orchestrer ce projet des bicentenaires si les Autochtones ne s’intéressaient pas eux aussi à David Thompson et à son héritage. Il existe toute une gamme de considérations et de protocoles importants qui doivent être adoptés par tous les partenaires de cette initiative si nous voulons atteindre l’objectif crucial d’établir et de maintenir des relations avec les Autochtones qui nous aideront à définir la façon dont nous pourrons coexister dans l’avenir de façon plus constructive sur ce continent.

Un point qu’il faut bien souligner est qu’il ne s’agit pas d’une célébration. Il faut en effet reconnaître que bien que l’époque de la traite des fourrures en Amérique du Nord ait apporté certains bénéfices aux Autochtones, elle a également été le début de changements dévastateurs qui ont irréversiblement altéré leur vie d’un bout à l’autre du continent. Pour les Autochtones, les bicentenaires pourront être l’occasion de commémorer les exploits et les relations de David Thompson, mais ils seront surtout l’occasion d’honorer leurs ancêtres et de se remémorer la contribution de ces derniers au succès de la traite des fourrures. Ils seront également l’occasion d’examiner les événements qui se sont produits au cours des deux cent dernières années afin d’établir une vision pour l’avenir.

Le Comité consultatif sur le partenariat avec les Autochtones a suggéré de respecter les simples règles de courtoisie et les protocoles suivants dans le cadre des relations avec les Autochtones :

Seules des personnes dignes de confiance doivent entrer en contact avec des partenaires autochtones potentiels.

Se souvenir que la plupart des tribus possèdent leur propre constitution et que toute relation d’affaires avec les Autochtones doit donc être établie de manière spécifique pour chaque Nation.

Accepter le fait que les tribus sont des nations souveraines.

Une lettre ou un coup de téléphone ne peuvent être considérés comme des moyens de consultation. Nous devons rencontrer les Autochtones en personne et les écouter.

Accepter le fait que les bicentenaires nord-américains de David Thompson ne soient pas une priorité sur l’agenda des Autochtones.

Chaque tribu déterminera si elle veut participer et si c’est le cas, la manière dont elle participera et qui sera la personne contact.

Le respect de la structure des tribus et des protocoles prend du temps. Chaque décision doit être examinée par les représentants du gouvernement tribal et souvent par les aînés ou les leaders culturels, officiels ou non officiels. Il ne faut pas s’attendre à une réponse ou à une rétroaction immédiate.

Les tribus expliqueront que leur participation bénéficiera probablement à nos efforts et voudront savoir en quoi leur participation bénéficiera à leur communauté tribale. Nous devons donc les écouter et rassembler ces informations pour que l’objectif soit un produit qui contribue autant aux efforts et aux projets autochtones qu’à l’initiative elle-même. Si les tribus peuvent participer à un projet existant, cela évitera d’avoir à créer un nouveau projet et à engager le personnel adéquat et contribuera au succès de l’initiative.

Accepter que les politiques puissent varier d’un groupe autochtone à l’autre. Reconnaître qu’il y a différentes façons de considérer le monde et son histoire. Une grande partie de l’Histoire aurait été narrée différemment par les Autochtones.

Accepter que les anecdotes diffèrent, même à l’intérieur d’un même groupe d’Autochtones.

Reconnaître qu’il y a des terres qui sont associées à de multiples histoires et utilisations tribales, aussi valides les unes que les autres.

Les membres des tribus qui ont choisi de participer doivent être présents à toutes les réunions au cours desquelles des décisions importantes sont prises.

Il se peut que certains gouvernements tribaux aient un budget limité. Prévoir de rembourser éventuellement les dépenses liées au transport, à l’hébergement et autres.

Les réunions doivent se terminer sur une note positive qui reconnaît les impacts du passé, qui ouvre la porte vers un avenir meilleur et qui valorise une collaboration axée sur la mise en place de relations positives avec les Autochtones.

Les relations entre les partenaires doivent être conviviales et franches et non pas seulement des relations d’affaires.

Les autres explorateurs du continent qui se mêlent à l’histoire de David Thompson

Un certain nombre d’expéditions menées d’un bout à l’autre du continent, plus ou moins à l’époque de Thompson, sont d’une grande importance pour l’histoire de ce dernier. Thompson fait allusion à ces aventures et aux anecdotes racontées par les Autochtones au sujet de ces explorateurs et de la traite à laquelle ils participaient. Parmi ces explorateurs, on peut citer :

Samuel Hearn1772
Alexander Mackenzie1789
Alexander Mackenzie1793
Lewis & Clark1805
Simon Fraser1808
David Thompson1811
Wilson Price Hunt1812
Jedediah Smith1826/28

Comme le souligne l’historien des explorations David Malaher, une fois ces expéditions menées à bien, les voyageurs n’avaient plus qu’à emprunter des routes bien définies par ceux qui les avaient précédés.